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QU'EST-CE QUE LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ?

"Un développement qui satisfait les besoins du présent
sans compromettre les besoins des générations futures" *
en intégrant aussi bien les aspects environnementaux,
sociaux, économiques, que politiques.

* Rapport Bruntland.

On peut préciser cette définition à l'aide de 5 principes que devrait suivre toute intervention pour être caractérisée de durable. Ceux-ci ont été définis par le Bureau Fédéral (belge) du Plan (BFP), et sont extraits des 27 principes de la Déclaration de Rio, reconnus en 1992 au niveau international.

Ces 5 principes sont les suivants :

1. Intégration des composants du développement durable

Les composants du développement sont définis par la communauté internationale au nombre de quatre : la dimension environnementale, sociale, économique et politique.
On peut estimer que des changements valent la peine d'être soutenus s'ils enrichissent, au minimum, une des quatre dimensions sans nuire aux autres, ou mieux, s'ils enrichissent plusieurs, voir toutes les dimensions à la fois.

2. double équité, intra et intergénérationnelle

Selon le premier principe de la Déclaration des Droits de l’Homme, "tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."

Agir envers les autres dans le monde : équité intragénérationnelle

Actuellement, il semble plus agréable de naître sous certains cieux que sous d’autres. Or tous les êtres humains ont droit à un milieu de qualité au sens large du terme, c'est-à-dire à un milieu fondé sur les quatre capitaux (environnement, contexte social, économique et politique).

Agir envers les autres dans le temps : équité intergénérationnelle

Chacun hérite d’un patrimoine qui ne se résume pas à un ensemble de biens matériels mais qui est également le prolongement d’un ensemble de valeurs individuelles et collectives. Alors qu'il peut être dilapidé, on a au contraire le devoir de transmettre ce patrimoine aux générations futures. Mais on ne peut pas se contenter de le céder intact, on doit l'enrichir.

3. Précaution et de reconnaissance des incertitudes scientifiques

Le principe de précaution implique de ne pas se contenter de limiter les risques avérés (prévention) mais également de limiter les risques hypothétiques ou potentiels.

Il ne s’agit pas pour autant d'éviter d'agir, mais bien de prendre la mesure des différentes actions, c'est-à-dire d’évaluer les conséquences présentes et futures qu'elles pourraient avoir sur les quatre capitaux qui fondent l'humanité.. 

4. Responsabilité commune mais différenciée

Pour le bon respect des trois premiers principes il est important de reconnaître la responsabilité de tous. Chacun est impliqué, et il est de son devoir de se demander quel type de développement vaut la peine d’être soutenu pour des raisons qui font sens aujourd’hui.

Mais cette responsabilité n’est pas la même pour tous. Aujourd’hui, les pays occidentaux admettent qu’ils ont une responsabilité plus grande que les autres, car ce sont eux qui mettent le plus en danger les différents capitaux qui fondent l'humanité, principalement le capital environnemental.

5. Participation des citoyens

Les choix auxquels est confrontée la société ne peuvent être laissés aux seules mains des scientifiques et des économistes s'il faut enrichir les quatre dimensions du développement : environnementale, sociale, économique et politique (principe d'intégration).

C'est pourquoi la participation des autochtones, qui deviennent alors acteurs dans la prise de décision, est importante. Elle localise les alternatives à l’échelle du milieu; elle facilite la prise en compte des particularités locales (aussi bien culturelles, environnementales que politiques et économiques) ; et elle permet l’appropriation des choix devenus collectifs. Enfin, elle garantit la pluralité : la pluralité des solutions comme la pluralité des points de vue.

SELON QUELS PRINCIPES APPLIQUER LE DÉVELOPPEMENT DURABLE À L’ARCHITECTURE ?

Contextualiser le projet

Se protéger des agressions du milieu : de la pluie, du froid, du soleil, du vent, mais aussi des nuisances sonores, de la pollution, …

Bénéficier de l’environnement

Choisir une implantation qui valorise le milieu naturel (selon la nécessité, l’ensoleillement, l’ombrage de la végétation existante, le vent, …) et qui profite du voisinage (infrastructures, réseaux, activités complémentaires à proximité, ransports en commun, patrimoine,…).

Exploiter les constructions existantes : intégration, restructuration, extension.

Valoriser au mieux les ressources naturelles par un choix judicieux des matériaux.

Envisager le problème dans son ensemble : les matériaux, les systèmes, les locaux, les occupants, le bâtiment, le contexte social, le quartier, les collectivités locales, la ville,… et faire bénéficier d'améliorations durables l'environnement dans lequel le projet s'insère.

Concilier les différents points de vue

Satisfaire les besoins de confort des occupants : confort social (espaces publics et semipublics, affectations mixtes,…), confort d’occupation et d’utilisation du bâtiment (fonctionnalité), confort visuel, confort lumineux, confort thermique, confort respiratoire (odeurs, qualité de l’air), confort acoustique,…

Répondre aux contraintes économiques, politiques et sociales : budgets, réglementations, subsides, habitudes, image, …

Transmettre un patrimoine

Protéger l’environnement de nuisances générées par le projet :

Limiter la production de polluants (CO2 et autres) liée à la construction du bâtiment (fabrication, transport et mise en oeuvre des matériaux et des équipements), à l’exploitation du bâtiment (consommation d’eau, consommation d’énergie pour la bureautique, l’éclairage artificiel, la ventilation, le chauffage, le refroidissement éventuel, … ) et au transport des occupants de leur domicile à leur lieu de travail.

Limiter les déchets lors de la construction, de la rénovation et de la démolition.

Limiter l’impact du bâtiment sur les nappes phréatiques par une utilisation rationnelle, un stockage et un traitement de l’eau.

Limiter les nuisances sonores.

Faire bénéficier l’environnement d'améliorations durables du milieu naturel et du milieu construit dans lequel le projet s’inscrit.

(*) Ce texte a été élaboré par K. de Myttenaere d'Architecture et Climat, dans le cadre d'un projet de recherche de l'Agence Internationale de l'Energie.